On était quatre ce soir là. Quatre à lutter contre le temps. Couchés sur une couverte! Au plein milieu d'un parc. Quatre. À rire comme des fous pendant que les autos défilent et que la terre tourne. On pensait juste à nous. À ce moment précis de notre existence. Garder le cape. Ché pas si c'est l'gars qui est venu pour une smoke ou le vieux qui dormait accoté à l'arbre. Les maringouins ou l'obscurité. Le joint ou la pomme qu'on a mangé à quatre, mais y'avait ce soir là une vibe! Ça parlait d'elle-même. Toi, tu avais une étincelle dans les yeux. Tu le regardais comme on regarde une fleur. Émerveillée. Lui il te lançait de ses regards qui veulent tout dire. Ouais, ce soir là, nos corps se parlaient entre eux, sans paroles. Moi, j'avais devant moi l'inconnu. Le genre d'inconnu qui te fait te demander:" Est-ce que je lui donne une chance à lui?" On avait pas parlé longtemps, et pourtant, j'avais le goût, ce soir-là, de me foutre du reste du monde. Y'avait juste nous quatre qui comptait. Tu sais le genre de soirée qui devrait toujours durer. Renverser le sablier juste pour une fois, histoire de donner encore plus de temps à l'autre. Encore quelques paroles. Prolonger le plaisir qui tend pourtant à fuir. L'inexorable. Alors l'heure a quand même défilée. On a secoué la couverte et on est reparti comme de rien à travers la ville. Ça s'est terminé comme ça. On avait pas eu le temps de s'offrir. On avait été trop nonchalent. Y'en a combien des chances comme ça qu'on laisse passer?
3 commentaires:
Mais qui est bes?
Bon, j'ai ma petite idée!
Mais aujourd'hui, je l'aimais la pluie, parce que j'ai dépassé ce désir primaire qui nous habite tous.
Un exercice de narration intérressant ici. J'ai la vague impression d'un conte urbain, comme si Franfreluche lisait un texte des Velvet Underground... avec un peu moins de sexualité.
J'aime bien les mots seuls parsemés qui mettent l'accent sur une émotions ou un état. C'est ce qui nous permet de comprendre un peu la psychologie des personnages. En revanche, ce texte est embêtant puisqu'il ne semble ni expressif, ni porteur d'une forte impression. Il n'est pourtant pas froid non plus. Il est comme sans intention, et il ne fait pas oublier les mots. Je crois que cette fois, els images manquent un peu, pourtant les mots en décrivent plusieurs. Ou peut-être que le tout manque de direction, ou peut-être est-ce l'intention... qui pourtant est inapparente. Je me sens mal !
Quel était ce bruit dans la nuit ? Ah, c'était moi qui pétait.
Je me sens mieux, libéré, je vais me faire l'amour.
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