jeudi, juin 30, 2005
mercredi, juin 29, 2005
Retrouvaille
Elle songe, nue, assise sur le rebord de son lit. Elle aurait pu s'élancer à ses pieds pour le supplier de ne pas partir, mais elle était nue...plus que jamais...dépourvue même. Elle était dépourvue d'arguments, parce qu'elle savait qu'il devait partir. Maintenant ou jamais. Il devait sortir de sa vie parce qu'il l'empoisonnait. Il l'encabannait, elle, la femme. Alors elle se regarde dans le mirroir, le ventre, les seins, les épaules, les jambes, son corps seul de femme désormais seule et elle ne pleure pas. Aucune convulsion. Les remords l'assaillent presque tellement tout est facile à présent. Elle se lève, enfile sa robe et ses sandales, prend ses clés et sort. Il fait chaud. Dans la rue, elle marche, cachée derrière ses lunettes de soleil, comme ça, comme hier et comme demain, elle marche. Rien dans sa tête. Un homme, un jeune homme, croise timidement son regard apeuré, et lui sourit. C'est le premier sourire qu'elle ose confronter. Et cette fois, elle ne se sent pas coupable, de lui répondre en coin, en silence, comme si de rien n'était. Le vent boursoufle le bas de sa robe volage, il lui grimpe dans les cheveux. Elle respire, inhale, un vent qui lui parle, lui parle d'elle, d'elle autrefois. Et elle la sent, elle la sent la liberté!
vendredi, juin 24, 2005
Hier soir, j'ai rencontré un sauvage.
Debout dans la lueur d'une nuit, à mi chemin entre la cuisine et le corridor, il ne comprend pas. Il ne comprend pas le revirement de situation, la crainte sur mon visage. Je suis bourrée, accotée sur le mur, l'ambivalence dans la tête. Qu'ai-je fait! Il me dit de me décider. Alors j'ai le regard aterré et il ne comprend pas. Qu'ai-je fait! Et pourtant la soirée annonçait une nuit si douce et un réveil tranquille. Je me suis laissée emporté par mes pensées craintives. Et il fuit, de par son regard, en premier, et puis par ses traits, ses lèvres, ses joues, et puis, ses bras, son ventre et ses jambes. Mouvement de recul, un petit silence et je sors la phrase fatidique:"C'est juste que je le sais que tu n'as pas vraiment le goût que j'aille dormir chez toi." C'est là que le sauvage est sorti du corps robuste et que la raideur s'est emparé de l'homme. Une telle froideur dans les gestes, dans la voix qui ne dit rien. Le désir immense de s'enfuir, de partir. La décadente déception lui est sautée au visage. Et il claque la porte. Un bruit sourd, un résonnement dans mon appartement, dans le corridor, dans la ville, dans ma tête. Je suis bouleversée, je marche de long en large. Qu'ai-je fait! Et puis, je me ravise, je ressasse cette image dans ma tête et je jubile. Soudain, je jubile d'extase et d'étonnement. La folie essaie de sortir de sa cage thoracique, elle essaie de s'exprimer. Et je revois l'impulsion qui grimpe dans ses jambes, la force des muscles, de ses pas. Et je me sens bien, de l'avoir sorti de sa torpeur sempiternelle. L'ivresse monte dans ma tête et soudain, soudain, j'ai envie de lui, encore, et plus que tout à l'heure. Je veux le dépayser et l'amener dans mon amazonie. Lui offrir l'inordinaire. Et dans ma tête, je le revois, il claque la porte, de plus en plus fort, jusqu'à ce que la poussière tombent des murs. Et moi je m'extasie. J'ai rencontré le petit sauvage.
jeudi, juin 23, 2005
Portail humain
Au bar d'un hôtel miteux, dans le restaurant, à côté d'un vieil ivrogne amer de la vie, tu bois ta solitude nouvelle. Soudain, il te dévisage avec ses yeux qui roule dans ton décolleté. Il ne cherche rien que du diverstissement, une petite soirée en dehors de son quotidien. Une main sur le genou, il te dit que tu es belle ce soir. Ce soir ou n'importe quel soir. Ce soir, il trouve l'inconnue que tu es belle. Et toi, dans ses yeux, tu ressens toute la tristesse et la fatigue du monde. Tu lui prends la main en souriant. Sa bouche pâteuse s'ouvre, il montre ses dents et une larme coule de son oeil gauche.
La cavale de la sauvage
La tzigane, en jupe, bracelets volants, se déhanche devant le feu qui brûle, qui brûle l'inhibition. La fumée enveloppe les courbes de la volupte et elle danse pour lui. Les cheveux noirs dans le visage, son respire qui s'accélère, ses pas coordonées qui piétinent le sable encore chaud, pour lui. Les hommes la regardent, les guitares se réchauffent, les voix s'excitent. Elle s'exhibe les jambes et les épaules, elle attend qu'il la rejoigne, mais l'homme a peur de la tempête qui s'anime en elle. A peur de cette folie. Il se statufie, remplie de maladresse et de gêne. Il n'a pas bougé et le ciel, lui, c'est éclaircit. Elle a repris ses sandales et est partie.
Dans la mémoire du vieil homme, le souvenir d'un été inachevé demeure intacte. Encore vivante elle s'élance à la poursuite du temps, pour lui. Le jour ne se lèvera pas ce matin, dans l'oeil fatigué de l'homme nostalgique. Ils sont clos. Il est parti rejoindre sa sauvage pour danser cette fois avec elle.
dimanche, juin 19, 2005
Ode à la pluie
La pluie c'est fait pour rester à l'intérieur. C'est fait pour boire un thé et regarder les voitures défiler. C'est fait pour lire un livre à voix haute. Quand j'ai mis la bouilloir à "on" pis que la vapeur a commencé à sortir, j'ai eu une envie de sexe. L'encabannement, la frustration, la solitude. Le désir. Le bouillonnement, les remous, le cri strident. J'ai sorti mon Fargue et je me suis accotée sur le comptoir de la cuisine pour oublier le contentement qui ne viendrait pas. Une déambulation majestueuse dans une ville en éveil alors que mon corps stagne dans un appartement trop vieux. J'avais pas encore bu mon deuxième thé que la toilette m'appelait déja. Non, je n'avais pas oublié l'ardeur qui remplissait mes hanches.
Aujourd'hui, je déteste les jours de pluie parce que les jours de pluie c'est fait pour baiser et que quand on a rien à se mettre sous la dent, les jours de pluie c'est encore plus ennuyants.
Chaîne
ça penche à droite
ça penche à gauche
ça ne veut plus s'arrêter
ché pas si c'est moi qui joue à la girouette
ou si c'est toi qui veut pas s'décider à me lâcher
mais je perd l'équilibre
les deux pieds sur le plancher.
ça penche à gauche
ça ne veut plus s'arrêter
ché pas si c'est moi qui joue à la girouette
ou si c'est toi qui veut pas s'décider à me lâcher
mais je perd l'équilibre
les deux pieds sur le plancher.
mercredi, juin 08, 2005
Ardeur
Elle venait de quitter
Celui qu'elle aimait
Pour un autre homme
Qu'elle adorait
Quand elle rencontra
Celui qui la remplit d'ardeur.
Charles Guilbert, Les Inquiets.
(Je recommande à tous de se délecter de ce livre!)
Celui qu'elle aimait
Pour un autre homme
Qu'elle adorait
Quand elle rencontra
Celui qui la remplit d'ardeur.
Charles Guilbert, Les Inquiets.
(Je recommande à tous de se délecter de ce livre!)
mardi, juin 07, 2005
Mirage-Orage
Ce matin quand je me suis levée,
la nuit avait érigé un monticule de poussière sur mon corps;
les murs s'étaient envolés pour laisser le vent souffler sur les draps.
J'ai vu mon visage dans le miroir avant qu'il se fracasse sur le sol
et j'ai pleuré.
Un peu plus loin, l'horizon s'offrait alors j'ai marché et je ne me suis plus arrêtée!
la nuit avait érigé un monticule de poussière sur mon corps;
les murs s'étaient envolés pour laisser le vent souffler sur les draps.
J'ai vu mon visage dans le miroir avant qu'il se fracasse sur le sol
et j'ai pleuré.
Un peu plus loin, l'horizon s'offrait alors j'ai marché et je ne me suis plus arrêtée!
jeudi, juin 02, 2005
L'apesanteur pesante
Y'a plus de corps sur le sofa, les plis se sont agglutinés dans la chair tiède.
Plus de tête sur les épaules fatiguées et plus d'idées qui se fracassent.
Mourir dans un sommeil étouffant en plein coeur de l'après-midi.
Je dérive dans les vapes somnabulantes.
Les heures coulent au travers la sueur qui masque mes reliefs.
On est combien à suffoquer dans son salon et à s'encabaner pour fuir la foule excitée!
Plus de tête sur les épaules fatiguées et plus d'idées qui se fracassent.
Mourir dans un sommeil étouffant en plein coeur de l'après-midi.
Je dérive dans les vapes somnabulantes.
Les heures coulent au travers la sueur qui masque mes reliefs.
On est combien à suffoquer dans son salon et à s'encabaner pour fuir la foule excitée!
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