samedi, février 28, 2009

Changement de saison et bonne humeur

Je ne pensais pas m'entendre le dire un jour, mais je m'ennuie de l'été et je m'anime à l'idée que le printemps se rapproche. J'ai hâte. Pour les promenades en poussettes, les pique-niques dans les parcs, les avant-midi à s'éclabousser dans la pataugeoire, les déjeuners sur le balcon, le vent dans les feuilles, les brindilles et les roches à collecter... Et surtout, plus d'habit de neige à enfiler, de gravier sous les pieds dans la maison, de trottoirs impraticables, de cocooning et de vestiges de boîtes de kleenex dans toutes les pièces.

Un peu de simplicité et de légèreté.

Hier, mon fils a eu deux ans. C'est inimaginable le lot de souvenirs qu'un petit homme peut créer en si peu de temps. À chacune de ses fêtes, je revis en sourdine l'accouchement, l'attente, la crainte, la douleur et la joie si profonde, et je m'émeut devant tant de bonheur. Parce que l'amour, pour lui, est ce qu'il y a de plus pur. Ses petites mains me caressent le visage, sa respiration se mêle à la mienne. Il est à cinq centimètres de mon nez, me dit «maman» et me fait un énorme câlin. Jamais je n'avais connu d'aussi vraies émotions.

Et si j'aime tant la mer, les vagues, le soleil et la verdure c'est surtout grâce à lui. Qui aurait cru qu'être maman affûterait ainsi ma sensibilité.

vendredi, février 13, 2009

Me vider la tête

-Faire de la pâte à modeler maison.

-Acheter du colorant alimentaire non toxique (le propylene glycol c'est cancérigène, le saviez- vous?)

-Acheter des gants de caoutchouc résistants!

-Appeler ma cousine qui habite Montréal et n'a pas encore vu mon fils (presque deux ans: on est vraiment poches).

-Passer la balayeuse.

-Faire des muffins avec Alek.

jeudi, février 12, 2009

La vie est un carnaval

J'ai eu beaucoup de difficulté à diriger mes recherches théoriques, à leur donner une voie à suivre afin de maximiser mes découvertes et de les rendre utiles à mon analyse. Mon premier sujet de maîtrise portait sur les premiers écrits de Gabriel Garcia Marquez, soit de courtes nouvelles souvent écrites de façon automatique et qui portent le germe de ce qu'est devenu l'écrivain, des années plus tard. J'y entrevoyais une vision sociale, sans pour autant être une critique. Si l'on considère la fiction comme la transposition d'un imaginaire social, les textes de GGM sont porteurs d'une blessure sociale. Je partais de ce postulat: «l'expérience est d'abord corporelle» (LeBreton). Si l'on considère le corps comme une éponge asborbant tout un amalgame de signifiants (vécu social, perceptions sociales) il se transforme donc comme le reflet de la société. Le corps existe dans un espace et une durée et prend forme au travers tous les stimulis qui le traversent et qu'il relance. Le corps dans les nouvelles de GGM est une blessure béante. Soit il se meurt intérieurement, ravagé par une chimère; soit il se métamorphose en monstre (homme-ailé, cadavre gigantesque); soit il sombre dans la folie. Je trouvais fascinant d'étudier la blessure dans ces textes, gardant en tête qu'elle était une vision, une compréhension de son environnement (celui de l'auteur).

Ce sujet sera à retravailler, plus tard, lorsque je m'en sentirai le courage. À force de lire des traités de sociologie, j'en suis venue à entrevoir d'un oeil mélancolique le corps et son habitat. Je ne pouvais plus continuer ma maîtrise sans toucher à mes propres blessures. Je maudissais l'homme, sa haine, sa méchanceté, son égoïsme. Plus j'en apprenais sur le continent sud-Américain, plus je me sentais coupable d'autant de naïveté ou d'ignorance. Et plus je m'attristais devant autant de modernité européenne. Et le coup de grâce est venu suite à la lecture de La conquête de l'Amérique de Todorov. On en ressort complètement vidé et atteré. Ces derniers mois de travail m'ont dégoûté de mon sujet de maîtrise: je ne croyais pas possible que de s'informer avec autant d'avidité sur un sujet puisse décourager à ce point. Pourtant, je dénonce l'ignorance.

Une longue période d'incubation et de réflexion m'a permis d'entrevoir le peuple sud-américain comme des combattants, et non comme des survivants. Malgré un taux de mortalité qui rappelle le génocide des Amérindiens, les naissances sont toujours aussi nombreuses. Et la littérature, l'art, la musique traversent désormais les continents comme un vent de fraîcheur. Pour certains, c'est un lieu de prédilection pour les vacances: la vie y est paradisiaque. Alors qu'est-ce que j'ai mal perçu dans mes lectures? Au-delà de la blessure sociale, la vie foisonne: elle déborde des frontières. C'est que je me suis trompée. Si le corps chez GGM se transmu et se propose comme une vision du monde c'est qu'il s'inscrit dans le mouvement réaliste... Il est le réel pour l'auteur. Et encore, ses proportions sont souvent démesurées et il se meut dans un cadre souvent empreint d'histoires ou de situations rocambolesque. Plusieurs critiques attribuent GGM à la vague du réalisme magique. Ce mouvement est, à mon avis, très illusoire: il ne représente pas l'ensemble de l'oeuvre de GGM, de ses prédécesseurs ou de ses successeurs. Plus que de la magie, qui relève du merveilleux et du fantastique, je dirais qu'il s'agit plutôt de réalisme grotesque. Me voilà toute bouleversée. Tous ces personnages sont intensément grotesques. Et j'adore!

C'est là que je me tourne vers ce cher Bakhtine. Je me rappelais avoir acheté deux ans auparavent L'oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen-âge et sous la Renaissance. Tout-à-fait magnifique. Ce livre est désormais ma bible. Entrevoir le monde avec les yeux de Rabelais. La vie est un carnaval. Le corps est carnavalisé. Et c'est nécessaire à notre santé mentale. La reconstruction identitaire d'un corps social meurtrie se fait dans la carnavalisation: là, il revendique ses désirs et s'affirme. C'est, pour reprendre les mots de Bakhtine, sa seconde vie. Peut-être utopique et éphémère, mais surtout un substitut au désillusionnement. C'est donc mon nouveau postulat: au travers la carnavalisation, les personnages de GGM ainsi que la société dans laquelle ils s'inscrivent trouvent «son salut» dans la carnavalisation.

lundi, février 02, 2009

Ces derniers jours

La garderie est fermée pour une semaine entière. On dirait un retour en arrière: maman à temps plein et étude à temps très partiel. J'ai une multitude de nouveaux projets commencés ou non qui demande tout autant d'énergie et de concentration et, tout ça, hiberne. À ma plus grande tristesse. Et je sens la culpabilité qui monte, je dois rectifier mon tire: mon fils est mon plus grand bonheur et chaque minute passée avec lui me fait aimer la vie davantage. Il m'émeut constamment, lorsqu'il pointe de ses petits doigts d'énormes camions et s'exclame:GROOOS! Ou quand il ouvre la porte de sa chambre en criant COUCOU! Et son rire, calme mon stress le plus incontrôlable.

Alors ce que m'apporte la garderie: la possibilité de refaire le plein d'énergie pour ensuite toute la dépenser en courant dans le corridor; le temps de tout remettre en ordre pour créer un plus beau désordre et surtout un peu d'égoïsme pour me lancer dans mes propres créations. Je m'ennuie de la routine, il s'en ennui aussi. Dans deux jours, tout rentrera dans l'ordre. Et nous aurons toujours plus de plaisir.