Un de mes amis est parti en Chine pour enseigner l'anglais pendant un an et je le lis assiduement sur ses deux blogs (un en anglais http://efigierosa-chichieng.blogspot.com/ et un en français http://efigierosa-chichi.blogspot.com/). Il est fasciné par le fait que la créativité de ses élèves est constamment réprimée. Il ne connaisse pas le mot créativité et veulent tous rester dans un cadre pré-établi où tout leur est dicté, jusqu'à ce qu'ils doivent manger et porter. Et je me suis mise à me demander pourquoi parfois je sentais aussi le fort besoin de faire comme d'autres alors que toute ma vie je me suis battue en moi-même pour être dans une marge qui me plaisait et me ressemblait. J'en reviens à Montréal, encore une fois, parce qu'elle m'avale de plus en plus et que ça me fait peur. J'ai l'impression parfois d'avoir été aspirer dans le tourbillon de la piscine qu'on s'amusait tous à faire étant jeune en courant de façon circulaire. Bien, Montréal, c'est la piscine dans laquelle on s'amusait. L'eau est fraiche et revigore l'esprit, mais après quelque temps, elle nous possède, nous dirige et fait de nous ce qu'elle veut bien. Et souvent, on ne lutte même pas.
Ce n'est pas moi qui soit en Chine et pourtant je me sens dépaysée. Décidément, ça doit être l'appel de l'ailleurs.
samedi, octobre 28, 2006
jeudi, octobre 12, 2006
Des roches et des dires


J'ai mis des roches sur le bord de mes fenêtres. Elles traînaient dans d'énormes sacs de plastique sous le lit dans mon ancien appartement. J'ai décidé de leur donner enfin leur place qu'elles méritent.
Hier j'ai découvert que mon buddha avait perdu un bras lors du déménagement; celui qui porte un bol rempli de pièces d'or. Est-ce que c'est un signe? Son squellette se compose d'une énorme roche roseâtre à laquelle d'autres petites roches blanches sont collées. Voilà pourquoi il était si lourd.
J'ai déposé un vase indénosien dans le fond de mon corridor avec une branche d'arbre que le fleuve avait rejeté à Rivière-du-Loup: ça fait zen.
Quand je regarde dehors, je vois seulement le ciel et une antenne Bell Express vu.
jeudi, octobre 05, 2006
Événement déclencheur: le temps
Je sais ce qui ne va pas. Je suis saturée, j'en peux plus de la ville. Montréal me rend insensible, elle m'agresse avec ses lumières qui tournoient et son chant métallique constant. Je n'arrive pas à m'isoler, je veux retrouver ma campagne. Montréal me remplie la tête; elle m'empêche de me concentrer. Je n'arrive plus à écrire comme avant. C'est l'odeur, les mêmes petits oiseaux bruns dans les arbustes défeuillus, les pigeons gris à faire pleurer. Les églises transformés en condos, les insensibles dans les autobus. Tout ça commence à me puer au nez.
L'autre soir en rentrant dans la 80, il y a un vieillard qui, manifestement, se tient difficilement debout: il avait le dos courber et se tenait à deux mains. Le trajet a durer 20 minutes, tout le monde assis sauf lui et moi qui, la bedaine empêchant ma veste de se boutonner, le sac à dos dans une main m'accrochais du plus fort que je le pouvais pour diminuer les arrêts cavaliers du chauffeur. Pas un astie d'étourdies de marde a oser offrir au moins son banc au pauvre homme qui se balançait d'un côté et de l'autre selon les humeurs de la route et de l'employé bête de la STM. C'est devenue effarant, inquiétant, honteux de vivre entouré d'imbéciles.
J'en ai ma claque. J'voudrais tirer ma révérence et laisser la zizanie se débrouiller toute seule. Montréale est dégueulasse. Autant j'ai pu l'aimer pendant cinq ans, autant lorsque mes pieds frôlent ses trottoirs sales j'entends grincer mes dents.
J'accouche, je finis ma maîtrise et on part pour la maison familial montrer à notre enfant comment entretenir un jardin et faire flotter des bateaux sur la rivière. Lui montrer comment siffler avec une brindille d'herbe verte entre les pouces et regarder les étoiles sans jamais se fatiguer. Juste entendre les criquets le soir à la fraîcheur de la nuit. Ce sera bientôt un aurevoir bien mérité...
L'autre soir en rentrant dans la 80, il y a un vieillard qui, manifestement, se tient difficilement debout: il avait le dos courber et se tenait à deux mains. Le trajet a durer 20 minutes, tout le monde assis sauf lui et moi qui, la bedaine empêchant ma veste de se boutonner, le sac à dos dans une main m'accrochais du plus fort que je le pouvais pour diminuer les arrêts cavaliers du chauffeur. Pas un astie d'étourdies de marde a oser offrir au moins son banc au pauvre homme qui se balançait d'un côté et de l'autre selon les humeurs de la route et de l'employé bête de la STM. C'est devenue effarant, inquiétant, honteux de vivre entouré d'imbéciles.
J'en ai ma claque. J'voudrais tirer ma révérence et laisser la zizanie se débrouiller toute seule. Montréale est dégueulasse. Autant j'ai pu l'aimer pendant cinq ans, autant lorsque mes pieds frôlent ses trottoirs sales j'entends grincer mes dents.
J'accouche, je finis ma maîtrise et on part pour la maison familial montrer à notre enfant comment entretenir un jardin et faire flotter des bateaux sur la rivière. Lui montrer comment siffler avec une brindille d'herbe verte entre les pouces et regarder les étoiles sans jamais se fatiguer. Juste entendre les criquets le soir à la fraîcheur de la nuit. Ce sera bientôt un aurevoir bien mérité...
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