samedi, novembre 11, 2006

Bébé, il y a un mois de ça!

Malheureusement, on ne voit que ses deux bras, mais il a tout de même des jambes. On les a vu! Enfin, c'est définitif, je ne vois plus mon vagin, mais mes pieds par contre ils apparaissent lorsque je marche sinon, stationnaire, je ne vois quedale. J'étire tous mes t-shirts, je porte ceux de mon copain et je me lève quinze fois par nuit pour aller pisser. Il n'y a pas une âme qui vive à Montréal qui ait daignée m'offrir sa place dans le bus ou le métro, je dois toujours le demander et c'est frustrant à la longue. C'est à croire que la politesse est partie vivre ailleurs. Faut que je me plaigne dans une lettre ouverte. Attention les hormones!!!!
Mais à part mon dégoût croissant de la société montréalaise, tout va bien. Je dois fixer ma maîtrise avant d'accoucher et de casser les doigts de mon valeureux copain qui tentera de m'aider dans ma souffrance. Je lui ai dit que j'allais m'agripper aux barres de métal du lit. Il m'a dit que c'était plus satisfaisant et réconfortant une main...si t'insiste! Et mes voisines d'en bas chantent à tue tête : "Voulez-vous coucher avec moi ce soir?" Le pire c'est qu'il y a une voix masculine qui répond d'un "OUI" aigu. Hum, combien sont-elles pour une seul "OUI" aigu? Je ne veux pas vraiment le savoir, ce sont les mêmes voisines stupides qui mettent de la musique commerciale à 7h45 le matin faisant vibrer mon plancher, me réveiller, m'habiller et descendre cogner à leur porte les cheveux en l'air pour leur parler de respect.
Bon c'est tout pour ce soir, je m'en vais me coucher, Frankie Boy est juste trop fou et m'assène la vessie de ses coups de pieds ou de tête??!!??
Bonne nuit, ciao.
À quoi servent les livres s'ils ne ramènent pas vers la vie, s'ils ne parviennent pas à nous y faire boire avec plus d'avidité? (Henry Miller)

jeudi, novembre 02, 2006

Intermède

Je regarde le ciel comme s'il allait m'apporter la suite de mon récit. Je fouille dans le bleu et je ne vois rien: il n'y a personne sur le toit des grattes-ciel qui regardent l'horizon avant de se jeter en pâturage aux voitures dans son seul désespoir. Il fait clair, le bruit de la rue monte jusqu'à ma fenêtre et rien ne bouge dans mon salon. Mon chat dort sur le lit, mon thé refroidi et bébé est immobile dans sa piscine amniotique. Juste moi qui tente de trouver du mystère dans tout ça et qui rêve d'ouvrir le sac de Cape Cod dans le garde-manger si ce n'était pas de ma conscience qui me rappelle que tout ce que j'engloutis passe nécessairement dans les veines de celui qui grandit en moi bien au chaud dans son 37 degré celcius constant.

Non, franchement, il y a seulement le téléphone qui sonne à chaque fin de phrase, c'est le CLSC, pour mettre mon dossier à jour et me parler de cours prénataux et tralala tralala. Je vais aller réveiller mon chat, lui enlever les crottes d'oeils avec un kleenex même si elle n'aime pas ça, boire mon thé et parler à bébé en le tâtant question de l'éveiller. Ah oui! prendre un bain et me laver le toupet aussi!