mardi, avril 25, 2006

Une histoire de Kidney

(avant propos: J'ai envoyé ce texte-là pour un nouveau cahier de nouvelles supposé sortir en juin. Le thème:Ketchup. C'est une histoire que je trouve vraiment comique. J'ai eu que des critiques négatives. Je leurs donne aucune valeur, sincèrement, parce que j'ai eu du fun à l'écrire et que j'en suis bien fière. Alors, JE VOUS EMMERDE EN TABARNAKKKKK ( les critiques) Bon c'était fucking soulageant Aaaaaaaah!)




Dans le dépanneur Pétro, il est deux heures du matin, le commis a les yeux bien grands ouverts, les pupilles toutes dilatées. Dans le fond de la pièce, un soûlard batifole avec les frigidaires de bières barrées. Les néons blancs éclairent l’endroit; irritent les plus endormis ou les moins réveillés. Sur la tablette, il ne reste, entre deux sacs de guimauves et du pop corn en sachet pour micro-onde, qu’une seule bouteille en plastique format 1L de Ketchup. Je m’en empare avec une rapidité de lion. Quand il n’en reste qu’une, ça devient une question de survie. Je m’avance vers le comptoir caisse ou le gars jase avec deux jeunes femmes attifées de petits shorts courts et de minuscules camisoles Molson Dry. Ça doit être des représentantes.

-Ça va être tout?
-Ouais, juste du Ketchup.
-5 et 19 ste-plaît.

C’est toujours plus cher que dans les épiceries. Je fouille dans ma poche de jeans.

-Aaahh, du Heinzzz! Cé squia d’meilleurre!

En arrière de moi, l’ivrogne sur le point de baver sur mon épaule souri comme un bêta. Je dois dire que je ne comprends pas trop la situation, mais je lui fais signe que « ouais » de la tête en répondant qu’il a bien raison. Ça sert à rien de s’obstiner avec des gens trop bourré.

-C’est la seule, man!
Le caissier me remet mon change. Je prends la bouteille et pousse la porte vitrée de la sortie. Le type s’élance vers moi.
-Eille yeillle yeille, ousssé tu penses tu t’en vas d’même toé?

Il fait deux pas et trébuche sur le cadre de porte, mais s’y agrippe alors qu’elle se referme tranquillement sur lui. Il doit être plus saoul que je ne le pensais. Sur le trottoir, je m’allume une smoke, histoire de profiter un peu de la nuit chaude. Fuck, le gaz est à 110.4 le L. Une chance que j’ai pas de char, je préfère marcher. Ça vide l’esprit et ça te permet de fumer sans te stresser.

-Eille toé!

Désormais à mes côtés, l’haleine de fort qui s’évade de sa bouche m’étourdi. Ouais, ça faisait un bout que j’avais pas senti du concentré de même. Je ne sors plus depuis que je me suis retrouvé à l’hôpital, inconscient et tout nu. Mais bon, c’est pas vraiment ça l’intérêt de mon propos présentement.

-Tu sssé pas combien chu attaché à ça moé. En pointant ma main gauche qui tient la bouteille.

Tout petit comme bonhomme, il doit faire cinq pieds quatre, ça fait que je le regarde de biais, les yeux un peu détachés.

-T’aurais pas une autre clope pour moé? J’te d’manderai pas de change.

Les mecs comme lui, j’en ai souvent côtoyés; ils ont toujours de quoi d’intéressant à raconter. Je sors mon paquet et mon briquet pour l’allumer. Sans dire un mot. On est là, à regarder le ciel sans étoiles, un qui chancelle sur ses deux jambes, mais qui a quand même l’air bien, les lumières de la station d’essence trop fortes.

-Tsé, moé, chu pas dangereux!
-T’inquiète, man.

Je continue ma route. Il me suit. C’est ce que je pensais; le genre de gars bien seul qui a le goût de jaser. Le Ketchup toujours dans la main gauche, il me dit :

-Tsé, j’ai déjà failli mourir…

Je le laisse parler, en marchant encore, je ne veux pas l’interrompre. C’est pas poli et puis quand quelqu’un dit le mot mourir à la fin de sa phrase, je pense que ça vaut la peine de s’oublier deux secondes.

-Ah, ouin!
-Ça fait deux ans de tsa. Tabbbarnak que ça fait mal.
-Mourir?
-Ben non, épais, les kidneys, qu’il dit en riant, étouffé par son hoquet soudain.

Là, je ne le suis plus pantoute. J’ai peut-être pogné le mauvais saoulons de la nuit qui va me déblatérer tout son blabla délirant de schizo, tout frais échappé de l’asile! Fallait que je tombe sur sa nuit d’évasion et que je sois la première bonne âme qu’il voit. Mais bon, j’ai pas grand-chose à faire cette nuit, je fais de l’insomnie, et anyway, je suis déjà engagé. On se retrouve assis dans les escaliers d’un marchand de tapis, avenue du Parc, à fixer des yeux la bouteille de Kecthup qui gît une marche plus bas.

-Tsé, faut juste ach’té du Heinzz.

Alors il me raconte qu’il y a deux ans de ça il a failli mourir d’une crise de reins. C’est ce qu’il prétend, mais il ne s’est jamais rendu à l’urgence. Il avait une barre dans la poitrine, la peau ultra sensible et les yeux qui braillaient constamment. Il a passé la moitié de la journée à gueuler comme un chien battu étendu sur son sofa. Quand il a eu le courage de se lever, entre deux pincements au ventre, il est allé dans la salle de bain pour prendre son Maalox.

-C’tun médicament mirâcle quand t’a mal au corps, ben à tout s’qui touche l’intérieur-là
-Ouais…

Mais il n’en avait plus. Il l’avait terminée depuis un bon bout de temps. Habituellement, qu’il dit, il a juste assez de cash pour payer son loyer, s’acheter du Maalox et du gros gin. Puisqu’il était à court et qu’il souffrait trop, paralysé par la douleur, il ne pouvait pas se rendre à la pharmacie.

-J’te dis, comme une femme enceinte. Ça t’prend dans l’dedans pis ça t’étouffe. Tu veux juste mourir pis sacrer tout le temps. R’marque que pour moé, j’ai pas b’soin d’avoir des crampes pour sacré…

Il éclate d’un gros rire gras et s’étouffe, crache deux ou trois motons, j’ai pas trop regardé, et reprend son sérieux lorsque ses yeux retombent sur la bouteille de Ketchup. J’attends la suite de son histoire.

Quand il est retourné pour se coucher sur son divan, les mains sur sa bedaine (c’était ses kidneys : il en est sûr, il connaît ça l’anatomie, qu’il dit), il devait passer dans sa cuisine.

-Ça m’a frappé, comme un éclair. Une bouteille de Ketchup Heinzz sua table, un peu vielle, mais encore bonne, me r’gardait drette din zieux! Ça pas pris d’temps que j’ai enlevé la capote de plastique.

Il l’a bu au complet. C’est ce qu’il dit, mais bon, ça doit être tellement dégueulasse que t’a juste le goût de vomir. Bien, ça l’a guérit. Comme par magie.

-J’sé pas c’qui mette la d’dans, mais moé, ça m’a r’tappé. C’était comme un baume en d’dans. J’avais pu mal aux kidneys!

Le sourire dans le visage, je rie avec lui parce que son histoire me rend heureux. Le soir même, il est sorti avec, dans sa froc, une grosse bouteille de gin. Il a cessé de parler, s’est levé, m’a salué et est parti bien fière. Je fume une dernière cigarette et rentre chez moi.

Dans la cuisine, de la lumière éclaire encore le corridor et de la musique joue. Il est quatre heures du matin. Ça m’a pris deux heures pour acheter du Ketchup. Ma blonde dort à la table, la face dans ses frites McCain. Je m’assois en face d’elle pour la contempler deux minutes. Elle ronfle. J’ouvre la bouteille de Ketchup et en dépose une flaque dans son assiette tout d’un coup que sa fringale lui revenait à son réveil. J’en mets sur mon doigt pour y goutter. Toujours le même goût sucré et rafraîchissant. On n’a pas changé la recette. Je serre le Ketchup dans le frigo et vais me coucher.
Il y a quelques jours de ça, j'ai voulue détruire ce blog. J'en avais marre et puis j'étais très colérique. Ces impulsions ça me connaient. Mais je me suis ravisé, pour personne en fait. J'ai commencé à écrire un bouqin. C'est le quatrième que je commence depuis que j'écris. Le premier c'était en secondaire un. Bon j'ose même pas en parler. Bref, je ne sais pas encore si je vais en publier des bribes sur mon blog. Tout ce que je sais, c'est que l'été commence pour moi, ce qui veut dire deux jobs à la fois alors je risque de négliger un peu ce très cher blog aux visiteurs supers absents. De toute façon, on dit qu'on écrit en premier pour soi. J'ai pas envie cette fois-ci d'envoyer chier encore tout le monde ( quelques exceptions); je donne dans le genre blasée aujourd'hui. Oui, je suis menstruée.
Je suis tellement menstruée, que c'est nouveau tampon aux deux heures. Maudit que je me sens fragile dans ce temps-là. le premier soir j'étais hyper dépressive, le deuxième, je ne pouvais pas bouger et aujourd'hui, je suis faible sans aucune volonté. J'ai le goût de faire de la bouffe, mais j'ai pas le courage de sortir jusqu'au Provigo. Mes chats dorment, juste le sillement des électros trame mon appartement. C'est une journée dégeulasse. Je vous laisse, je m'en vais écouter The Who!

mardi, avril 11, 2006

Ça fait tellement longtemps que j'ai pas publié quelque chose que ça me perturbe, me rend folle.
En attendant, je griffonne mon cahier rouge pis je me dis que c'est pas grave! Hein!?!
Fuck